Partager ses lectures, c’est partager sa libertéquote burkereadknowspeakburke

Le droit de lire ce qu’il nous plaît sans avoir à le justifier est l’une des plus grandes conquêtes de l’humanité. Mais elle sous-entend aussi l’obligation d’un esprit critique et parfois même très critique par rapport à certains écrits qui auraient tendance à vouloir nier ce droit.


 

Mars 2014

41B2GWChdtL._[1]Utopie du logiciel libre, Sébastien Broca, 2013

Passionnant petit voyage à la découverte des communautés de « hackers » et de leur(s) philosophie(s). L’ouvrage raconte l’émergence du mouvement, ses luttes fratricides et ses avancées, les différents courants et leurs héros. Il va aussi plus loin dans l’analyse philosophique de l’utopie que propose le Libre et ses implications sur la vie de chacun. Bon résumé de la situation avec pas mal de recul et aussi beaucoup d’espoirs.

à lire pour qui veut comprendre cette soif de liberté, d’autonomie, mais aussi de passion, de création, comme force de progrès social

 

 

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Le loup de Wall Street, Jordan Belfort, 2011

Histoire vécue par l’auteur dont on se demande comment il a pu y survivre. La description par le menu de la vie des ces traders fous des années 90 est absolument captivante. L’écriture est assez rébarbative et les énumérations des exagérations en tous genres dont se rend coupable Jordan Belfort est pesante. La longue liste de drogues, putes, coucheries et autres achats ostentatoires rebute facilement le lecteur, mais à la fin on veut vraiment savoir ce qui va lui arriver, ainsi qu’à ses comparses. Pas forcément le meilleur livre que j’aie lu, mais il a le mérite de nous faire plonger profondément dans ce monde de dingues où tout n’est que luxe, stupre et vice. Édifiant !!!

 

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Le nouveau Luxe, Expérience, arrogance, authenticité, Yves Michaud, 2013

Ce petit essai revient une fois de plus sur un thème largement abordé dans ce blog et a le mérite de nous faire sortir des sentiers battus par les économistes et les sociologues en nous promenant aussi dans la philosophie. Quelques concepts intéressants comme les relations incestueuses entre l’art et le luxe, la notion de vaporisation pour passer de l’objet à tout l’environnement et à l’expérience ressentie, et pour finir une ballade autour de l’authenticité, seule garante du vrai luxe.

À retenir, la phrase de Séguéla : « Qui n’a pas de Rolex à 50 ans a raté sa vie ! »

 

 

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Le Marché, Histoire et usage d’une conquête sociale, Laurence Fontaine, 2014

Cet intéressant ouvrage analyse en détail l’histoire du « marché », au sens lieu d’échanges de biens et services et nous démontre que contrairement à ce que l’on pouvait penser, il est un facteur d’intégration important pour les classes les plus démunies. L’auteur montre clairement qu’un accès ouvert au marché et à l’un de ses corollaires, le crédit, sont essentiels pour la stratégie de survie et de développement des moins nantis.

L’analyse de l’évolution historique montre très clairement la lutte entre « marchands établis » et nouveaux venus pour obtenir les gains liés aux transactions. Le pouvoir en place, politique ou religieux, oscillant sans cesse entre les deux catégories pour obtenir une paix sociale très fragile.

Laurence Fontaine réclame une nouvelle « prise en main » du marché afin de permettre à tous d’y participer. Elle rejoint en ce sens de nombreux économistes et philosophes, même d’autres siècles, comme Adam Smith, qui n’avaient de cesse de dénoncer les spéculateurs, affairistes, et autres monopoles de tous genres, dont le but n’était que de tondre le consommateur, donc le citoyen. Lecture à recommander à qui s’intéresse à l’histoire de l’économie, tant ce livre est bien documenté.

 

Février 2014

348055011[1]Les fabuleuses aventures d’un Indien malchanceux qui devint milliardaire, Vikas Swarup, 2005

Merveilleux roman qui a servi de base au film « Slumdog Millionaire ». La trame simple nous tient en haleine et nous permet de découvrir la moiteur foisonnante et miséreuse de l’Inde. Ce grand pays nous montre à chaque chapitre une autre de ses nombreuses facettes et l’auteur nous entraine dans ce pays en parcourant les bas-fonds avec simplicité et optimisme.

 

 

 

 

9782757807187[1]Au cœur de ce pays, J.M.Coetzee, 1977

Quelle violence, quelle sécheresse et quelle confusion. Que ce livre est dur à lire ! Il me met mal à l’aise dès le départ, on sent confusément un message profond, mais on peine à le décrypter. À remettre dans le contexte (1977, apartheid), heureusement que Mandela est arrivé avec la « rainbow nation » pour redonner un peu d’espoir.

À ne pas lire sur la plage pendant les vacances, elles seraient définitivement gâchées.

Bien avant André Brink et ses merveilleuses « imaginations du sable », un grand écrivain Sud-africain écrit au féminin et c’est très particulier.

 

 

seul contre tousSeul contre tous, Jeffrey Archer, 2008

La trame est connue, « Le comte de Monte-Cristo », mais elle est tellement bien revisitée que l’on ne peut que complimenter l’auteur.

Haletant de la première à la dernière ligne.

 

 

 

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Le dernier crâne de M. de Sade, Jacques Chessex, 2009

Pénible lecture que ce petit roman, vite lu, mais sans épaisseur, ni charme. Chessex écrit bien, mais pas toujours à bon escient. Si cela plaît à certains, grand bien leur fasse, je n’adhère malheureusement pas. On imaginait bien Chessex en admirateur du Divin Marquis, mais fallait-il qu’il l’imite en choquant une dernière fois les « bonnes gens » ?

Certaines descriptions sont à la hauteur de n’importe quelle vidéo porno proposée au téléchargement sur des sites XXX du Web et n’amènent rien de plus à l’histoire, si ce n’est ce petit arrière-goût de saleté. Pour avoir côtoyé le bonhomme alors qu’il était prof au Gymnase de la Cité, je ne suis même pas étonné, tant cela ressemble à l’image « physique » que j’avais gardée de lui. À part son athéisme radical, je ne partage vraiment rien avec le marquis et ses transgressions me laissent penaud.   Bref, y faut aimer !

 

 

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Lumière Morte, Michael Connelly, 2003

Les aventures de l’inspecteur à la retraite Harry Bosch sont passionnantes et ce polar typiquement américain se laisse lire d’une traite.

Connelly est un maître du genre.

 

 

 

Le Roi des Aulnes, Michel Tournier, 1970

Cela faisait très longtemps que ce roman trainait dans mon « sac à livres » et je n’avais jamais trouvé le courage de l’ouvrir, maintenant je sais pourquoi.

Lecture prenante, belle écriture, un peu « savante » comme la parole de ceux qui veulent étaler trop de culture, mais plaisante.

Par contre une histoire avec des moments très ambigus, où je me suis senti mal à l’aise. La trame est un peu fumeuse même si l’épopée d’Abel Tiffauges de la France à la Prusse Orientale nous fait envie de partir découvrir cette partie de l’Europe, aujourd’hui polonaise.

La méthaphore manichéenne avec ses inversions, ses « phores », et une foison d’autres théories alambiquées ne m’a pas fait percuter et je ne peux pas dire que j’ai beaucoup apprécié.

 

Janvier 2014

Le triangle secret. Tome 1 les larmes du pape, Didier Convard , 2006

Et voilà encore un ésotéro-thriller à la Dan Brown.

Bien écrit et passionnant. Convard emmène son lecteur dans les loges maçonniques et leur lutte contre la Papauté.

Il faut maintenant trouver le tome 2.

 

 

 

 

Sous les vents de Neptune, Fred Vargas, 2004

Excellent polar de cette romancière française. Les aventures du commissaire Adamsberg sont palpitantes.

Prenant et subtil.

Pars vite et reviens tard, Fred Vargas, 2001

L’un m’a donné envie de lire l’autre, et c’est du même acabit, même si pour le second, Fred Vargas fait de nets progrès.

2 bons polars à recommander

 

 

Couverture

La décroissance: entropie, écologie, économie. Nicholas Georgescu-Roegen, éd. française 2006, éditions originales 1970-1979

Il est difficile de croire que cet auteur reste largement méconnu au dehors du milieu des écologistes et surtout des économistes qui ne l’aiment pas vraiment. Et pourtant Georgescu assène la vérité avec maestria, son ouvrage devrait figurer au menu de toutes les écoles qui prétendent enseigner l’économie.

Le langage est abordable et, mis à part quelques formules mathématiques, le tout se digère assez facilement malgré une thématique à priori, assez rébarbative.

Que ne l’ai-je lu plus tôt !

Il n’a certainement pas les bonnes réponses, mais il pose définitivement les questions qui servent à les chercher.

 

 

 

Unto This Last, John Ruskin, 1860

Découverte, ce livre date de plus de 150 ans et pourtant il peut être considéré comme majeur dans la critique de la science économique, telle que considérée à l’époque, et son évolution vers l’une des sciences humaines les plus courues.

Malgré ses nombreux détracteurs, Ruskin a le courage de critiquer le mécanicisme, pseudo-scientifique, proposé par les autres économistes de l’époque, Adam Smith, John Stuart Mill ou David Ricardo, en introduisant des notions manichéennes de bon et mauvais capital, de richesse saine et malsaine, etc.  Une phrase à retenir : « il n’y a de richesse que la vie. »

Il est l’un des précurseurs d’une école que l’on appellera aujourd’hui la social-démocratie, qui veut le bien commun et pas uniquement le bien des individus.  Dans le texte en anglais de l’époque c’est un peu ardu, mais il a depuis retrouvé des fans et a été traduit et republié.

 

 Couverture

Le Songe de Scipion : Ian Pears, 2002

Un roman que ne renierait pas Umberto Ecco.

Trois époques, trois fléaux et trois histoires entremêlées dans les siècles avec toujours les mêmes boucs émissaires.

On se laisse prendre par l’histoire et on ne comprend pas tout de suite la portée philosophique du roman, ni sa démarche contre l’antisémitisme. Peu à peu la trame devient cohérente et la masque tombe. Passionnant  et fort bien écrit. Et surtout toujours actuel

En résumé : les actes « bons » ne comptent que s’ils sont justifiés par une pensée « bonne ».

 

 

Le cul entre deux chaises : Joseph Incardona, 2005

Jolie écriture que celle de cet écrivain Suisse-Romand d’origine italienne, contemporaine, fluide, pleine de traits d’humour.

La description de la vie de patachon du pauvre héros de cet ouvrage est prenante et on se laisse voguer au rythme des ses aventures minables à la recherche de l’amour et d’un sens à sa vie.

La fin est un peu abrupte comme pour un micheton éjecté du bordel avant d’avoir pu tirer son coup.

 

 

Décembre 2013

 

Détails sur le produit

Plusieurs livres de Robert Ludlum, : La trahison Prométhée, Le Secret Halidon, L’agenda Icare, La conspiration Treyvayne, Le code Altman.

 

Ludlum est un maître de ce type de romans et ses échafaudages alambiqués de conspirations mondiales au profit d’une élite fortunée voulant jouer au gendarme du monde grâce à sa fortune, sont proprement époustouflants et tiennent le lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.

Pour tous ceux qui veulent passer le temps sans « trop » réfléchir, car Ludlum pousse néanmoins à une réflexion sur la corruption du monde politique par l’argent, la veulerie engendrée par le pouvoir et les mensonges de ce milieu particulier.  Pour des livres parus il y a plus de 15-20 ans, ils sont d’une étonnante actualité, sauf pour l’absence de téléphone portable qui choque souvent.

 

 

 

jk1placeJ.K.Rowling : une place à prendre, 2012

Après Harry Potter, il n’y avait pas de grands doutes sur le talent de cette écrivaine, plutôt une forte curiosité, comme pour un acteur de série qui décide de changer de rôle.

Pas de déception, magnifique satire sociale déguisée sous un polar avec une intrigue bien ficelée, mais surtout une description précise et assez cruelle de la petite bourgeoisie provinciale avec ses petits problèmes et ses petites solutions. À comparer avec « Desperate Housewives », probablement pas de la grande littérature, mais très plaisant.

 

 

CouvertureSorj Chalandon : Le quatrième mur: Roman, 2013

Une grande claque !  Période post soixante-huitarde, le conflit au Liban sous un angle différent.
Le livre est d’une grande brutalité et au sortir le lecteur se retrouve le souffle coupé comme après un grand coup de poing dans l’estomac.
À faire lire à tous ceux qui ont encore la croyance qu’il faut haïr ceux qui ne sont pas comme eux !!!

 

 

 

 

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