less-is-more-300x289[1]  quote MiesQuantité ou qualité ? Faut-il vraiment choisir ? LMVDR

La croissance au sens du développement économique, à savoir l’augmentation de la quantité de biens et services dont dispose un être humain, apparaît toujours comme l’unique solution permettant d’améliorer la qualité de vie de nos sociétés modernes. Toutes les politiques de ces dernières années dans de nombreux pays cherchent à retrouver la croissance qu’a connue l’humanité, notamment durant les fameuses «Trente Glorieuses». Et si cette recherche était vaine ?


 

Un peu d’histoire et de théorie économique (et beaucoup de wikipedia)

Sans vouloir faire ici un cours d’économie, l’on rappellera que la croissance économique est fortement liée à divers facteurs, mais qu’elle est aussi à la base de l’amélioration objective du niveau de vie des individus au cours des siècles.

La croissance économique est intimement liée à deux facteurs principaux :

  1. La croissance démographique, et la multiplication des échanges de toutes sortes qui en découle débouchant sur une augmentation de la production des biens et services.
  2. Le progrès, technique ou autre, qui permet l’augmentation de la productivité et donc une production accrue avec des moyens identiques, voire inférieurs.

L’histoire montre qu’après une très longue phase de stagnation (6’000 ans), la population a commencé à croître de même que le revenu par habitant. Après une phase de croissance presque parallèle, la révolution industrielle accélère la croissance du PIB et la courbe rejoint et dépasse celle de l’accroissement de la population, indiquant une amélioration moyenne des conditions de vie. Pour plus de détails voir l’article sur l’histoire économique.

Des économistes, comme Julian Simon, à l’origine du mouvement cornucopien, pensaient que cette tendance était infinie et s’opposaient fortement aux tenants des théories malthusiennes qui pensaient que l’augmentation de la population finirait par utiliser toutes les ressources et entraîner un retour vers la misère. L’un des arguments de Simon était assez surprenant et se basait sur la loi de l’offre et de la demande : « Si la valeur relative (ce que l’on peut obtenir en échange) d’une heure de travail d’un être humain n’a cessé d’augmenter durant les siècles, cela signifie que c’est une denrée rare et donc que la population terrestre est trop faible » (adaptation libre). Un autre argument consistait à démontrer que sur le long terme, les prix de toutes les matières premières ne cessaient de baisser et donc que leur rareté diminuait. Il attribuait ce phénomène à l’ingéniosité humaine et à son augmentation exponentielle liée à la croissance de la population (et donc de la quantité d’ingéniosité à disposition). Selon ce genre de théories plus ou moins défendues par un très grand nombres d’économistes « classiques », l’humanité trouvera toujours un moyen d’utiliser de manière plus intelligente toutes les ressources de la planète. Malgré le fait que pour l’instant les théories de Simon se vérifient partiellement, d’autres commencent à surgir ou plutôt à ressortir des tiroirs.

Dans les années 70, Nicolas Georgescu-Roegen avait mis en évidence le rôle économique de la loi de l’entropie, loi selon laquelle l’énergie d’un système tend inéluctablement à la dégradation, et explique que le processus économique matériel ne peut se répéter et s’accroître indéfiniment dans un monde où l’énergie et la matière sont limitées, et devient ainsi l’un de premiers théoriciens de la décroissance ou plutôt d’une croissance ralentie et plus sobre. Après plus de 40 ans, l’ouvrage « La décroissance: entropie, écologie, économie », reste d’une actualité formidable et même si comme la plupart des auteurs sur le même thème, les conclusions sont étonnamment naïves. Il constitue néanmoins une base de travail solide pour la suite des travaux, particulièrement compte tenu des évolutions constatées dans divers domaines depuis sa parution. Georgescu introduit aussi une notion forte en affirmant que l’utilisation des ressources de la planète ne contribue en fin de compte qu’à la « joie de vivre » de sa population, puisque le processus entropique est irréversible.

Bien avant cette époque, comme un cri lancé au milieu d’un concert de louanges, le texte de John Ruskin, publié en 1868 sous le titre « Unto This Last« , préfigurait déjà les critiques d’un capitalisme sauvage basé uniquement sur l’application mécanique de ses lois. Ruskin fut l’un des premiers à demander plus d’humanisme et surtout une meilleure répartition des revenus et des richesses entre les citoyens. Son affirmation : « il n’y a de richesse que la vie » est aujourd’hui d’une actualité criante. Il suffit de lire la rapport du World Economic Forum « 2014 Global Risks » pour découvrir que des économistes que l’on ne saurait soupçonner de « gauchisme » considèrent les disparités de revenus comme un danger pour l’avenir de notre planète.

Quels progrès pour quels effets ?

Comme indiqué précédemment le progrès est l’un des facteurs essentiels de l’augmentation du niveau de vie objectif des individus, donc de la croissance économique mesurée régulièrement d’un groupe d’individus, ville, région, nation ou humanité. C’est l’augmentation de la productivité, à savoir, la capacité à produire plus avec les mêmes outils, voire moins, qui en est la cause. Une cause dérivée en est aussi la vitesse de circulation des biens et de la monnaie qui augmente les profits.

Mais il serait trop simple de réduire le tout au seul progrès technique, de nombreuses autres avancées collaborent et convergent pour améliorer le niveau de vie d’une société.

  • Les sciences et le savoir :  l’amélioration des connaissances concernant l’environnement ainsi que des lois qui le régissent, et surtout la transmission de ce savoir, sont à la base de nombreuses avancées dans divers domaines.
  • L’organisation sociale : le passage par étapes, à de nouveaux modes d’organisation sociales pour arriver finalement aux démocraties modernes, avec une administration organisée et relativement efficace, est essentiel au développement économique des sociétés. les législations et leurs bras armés judiciaires donnent aux divers contrats qui permettent les échanges une stabilité et une pérennité qui concourent à leur utilisation.
  • Les méthodes : l’analyse et la réflexion ont permis l’élaboration de méthodes, processus, tendant vers toujours plus d’efficience et permettant l’optimisation de l’utilisation des ressources.
  • La religion et la morale : l’évolution des mœurs et des croyances est souvent tout aussi importante que certains progrès techniques pour le développement économique d’une communauté.
  • La culture : au travers plus particulièrement de la philosophie a permis de mieux comprendre le monde et de diminuer de nombreuses incertitudes existentielles, limitant par la même le nombre de conflits, en contribuant à changer les mentalités. En particulier la notion de bien commun a pris une importance dominante dans le langage politique.

L’objet de cet article est de réfléchir à la nécessité et à la faisabilité d’une politique économique permettant de garantir un meilleur niveau de vie aux êtres humains, aujourd’hui, mais aussi demain. Les seules considérations économiques ou physiques mentionnées ci-dessus ne permettent pas d’aller au delà des simples constations. Il convient absolument d’introduire des notions éthologiques, permettant d’appréhender les comportements humains.

Malgré certains détracteurs, comme ceux de l’école autrichienne et leurs disciples libertariens, la théorie de l’entropie reste probablement le plus grand commun dénominateur permettant d’asseoir à une table tous ceux qui ont à agir dans ces domaines. Einstein avait déjà vu l’importance du second principe de la thermodynamique qu’il considérait comme la loi la plus importante de la physique et notamment celle qui sera la plus difficile à infirmer.

Le second aspect sur lequel il est difficile de s’accorder est lié à la démographie. Au moment où tous ces économistes posaient leurs diagnostics sur l’avenir de l’humanité, la croissance démographique était affolante et ce n’est que depuis une dizaine d’année que l’on constate une accalmie, voire même un recul dans certains pays. Le taux de fécondité par femme tend uniformément et progressivement vers 1.8-2. Taux qui ne permettrait même pas le remplacement des générations précédentes et conduirait à un net vieillissement de la population. Il est impossible à ce stade de dire si ce taux si bas va se maintenir, mais force est de constater que dans l’histoire de l’humanité il n’a pas été souvent beaucoup plus élevé sur de longues périodes.

Le dernier constat est lié à l’évolution de la mentalité humaine. L’homme reste un animal égoïste et agressif, mais force est de constater que son niveau d’empathie et de sagesse s’élève de générations en générations, probablement parallèlement à l’évolution de son niveau de vie et surtout au minimum de sécurité matérielle que nos sociétés modernes assurent à leurs citoyens. Il faut aussi y voir un résultat de l’augmentation moyenne de savoir et de circulation de l’information qui permet aux être humains de prendre du recul et de voir le monde sous un autre angle que celui de leurs besoins individuels immédiats.

Un constat supplémentaire est lié au simple bon sens et même si une telle affirmation ne saurait être démontrée. Toutes les tendances d’accroissement linéaires ou exponentielles infinies sont rarement vérifiées dans la nature, au contraire la plus grande partie de ces phénomènes peut-être illustrée par des courbes de deux types : celles en forme de cloche ou en forme de S qui voient une croissance lente au départ, suivie d’une phase d’accélération exponentielle qui ralentit progressivement pour arriver à un niveau maximum et y rester, soit redescendre en suivant un rythme pas forcément défini. La grande majorité des phénomènes observables dans la nature suit l’une ou l’autre de ces courbes. Similaires à celles que propose l’ONU pour la croissance de la population mondiale (à droite). Cette description est la plus proche des phénomènes de naissance, croissance, maturité, déclin et mort, observés dans la nature.

Quelques constats préliminaires

  • La croissance démographique ne constituera probablement plus un moteur pour la croissance économique dans l’avenir. Les enfants étant de moins en moins considérés comme un capital ou une assurance, mais plus comme une source de « bonheur ».
  • La croissance par le progrès technique, quelque soit sa forme et même si elle a encore de beaux jours devant elle, doit absolument intégrer la loi de l’entropie et limiter les incidences sur l’environnement, pour une survie de l’espèce humaine à long terme.

Ces deux premiers constats suggèrent clairement que la croissance économique globale devrait être à l’avenir nettement moins forte que durant le dernier siècle et qu’il serait faux de continuer à la considérer comme la panacée à tous les maux.

Facteurs positifs ou poussant

  • Le niveau de vie des êtres humains considéré à l’échelle planétaire tend à se stabiliser et à s’harmoniser. Les différences entre pays restent élevées, mais la tendance est claire.
  • Le niveau de satisfaction (de bonheur) se stabilise à partir d’un certain niveau de confort et l’utilité marginale de biens et services supplémentaires ne justifie pas forcément leur acquisition à ce stade. D’autres facteurs plus immatériels, sociaux, culturels, etc. entrent en compte pour permettre aux êtres humains d’augmenter leur niveau de satisfaction.
  • Les mentalités et comportements des humains se modifient rapidement pour tendre vers plus de collaboration et d’empathie. Un meilleur équilibre des revenus et des richesses semble constituer une forte motivation à ces nouveaux comportements, de même que des notions comme le long terme et la préservation pour les générations futures.

Facteurs négatifs ou de frein

  • La consommation ostentatoire reste une très forte marque de sélection sociale et conduit à d’énormes gaspillages de ressources. Elle est très fortement liée à un aspect particulier du comportement humain qui conduit les individus à rechercher en permanence des avantages compétitifs par rapport à leurs semblables.
  • La vision essentiellement à court terme de la grande majorité. Rares sont les esprits éclairés capables de se projeter au delà de la durée de leur existence et en général seulement pour leurs enfants dans un but de recherche de sécurité durant la vieillesse. L’homme doit apprendre à penser à plus long terme et cela ne sera possible qu’une fois la sécurité matérielle assurée pour toute son existence.

Tous ces constats montrent clairement que seule une (r)évolution éthologique, à savoir des comportements des êtres humains peut changer la donne. Il semblerait que dans de nombreux domaines elle soit en cours et permettra peut-être de donner un sens au dernier constat :

  • La décroissance au sens planétaire du terme, ne signifie pas moins de biens et services pour chacun, mais une consommation plus réfléchie des ressources, un moindre gaspillage, un recyclage extrême et surtout une utilisation massive de l’énergie solaire pour limiter l’entropie. Sous oublier une redistribution plus équitable entre les individus.

Puisqu’il est très vraisemblable, qu’à l’avenir, une forte croissance, considérée au niveau global, ne restera qu’un vœu pieux, il serait plus judicieux de se préparer à vivre sans elle. Rechercher d’autres solutions pour harmoniser le niveau de vie des individus, sans qu’il soit pour autant nécessairement destiné à stagner, pourrait passer par  la qualité, plutôt que la quantité.

Le Bhoutan a introduit dès 1972, l’indice de bonheur national brut et cette démarche postule que le bonheur n’est pas uniquement lié aux aspects matériels de la vie, même s’ils n’en sont pas absents.

Mais avant de donner des pistes plus précises il est nécessaire de présenter les obstacles qui se dressent sur cette longue route, afin de pouvoir les surmonter.

 

Risques liés à une faible croissance économique. 

Le risque principale est lié à l’essence même du capitalisme, l’accumulation de « capital ». De nombreuses études démontrent qu’en période de faible croissance, le taux d’intérêt sur le capital étant souvent supérieur aux taux de croissance de l’économie, les capitaux ont une nette tendance à s’accumuler aux mains d’une frange toujours plus petite de la population. Qui a joué au Monopoly, connaît bien ce phénomène, qui ne peut être remis en cause que par plusieurs coups de dés très chanceux, ce qui statistiquement est fort rare, car l’objectif du jeu est précisément le monopole.

Ce phénomène centripète est la conséquence majeure lié à une faible croissance et conduit toutes les sociétés qui l’ont expérimenté à imploser, que cela soit du fait d’une révolution sanglante, d’un krach économiques ou de guerres destructrices. Ces évènements majeurs sont les seuls qui aient un effet suffisamment redistributif pour que le cycle puisse repartir avec, en général, une période intermédiaire de croissance forte et donc plus égalitaire pour le reconstruction. La nature a aussi prévu ce genre de phénomène avec les cycles naissance-vie-mort, imposés par les saisons ou d’autres phénomènes naturels moins agréables. De nombreuses espèces, végétales en particuliers s’y sont adaptées.

Un risque secondaire lié à une faible croissance économique serait le net ralentissement des phénomènes d’harmonisation des niveaux de vie à l’échelle planétaire, qui pourrait aussi conduire à des implosions sociales, des migrations, voire même à des conflits. Pour l’instant il semble néanmoins que la baisse du taux de croissance concerne plutôt les sociétés occidentales matures, que les pays émergents, qui connaîtront probablement encore une belle vitalité ces prochaines années.

Ce n’est qu’en surmontant les effets d’accumulation du capital et en recherchant des solutions redistributives admises par tous que les sociétés modernes pourront vivre et prospérer malgré une faible croissance.

Le plus grand obstacle en matière de redistribution des richesses est constitué par l’attitude « légitime » d’une certaine partie de la population son égard. Pour résumer il suffit de reprendre les arguments défendus par les libertariens et le « Tea Party » aux Etats-Unis en particulier : « L’État n’a pas le droit de prendre mon argent pour le donner aux pauvres » et surtout de chercher à comprendre les motivations des ces ensembles politiques hétéroclites. Une caricature des motivations serait :

Pour les riches : il peut sembler parfaitement normal d’adhérer à de telles thèses, mais ils doivent clairement comprendre que c’est l’État et la cohésion sociale qu’il procure qui leur permet d’exercer leurs droits à la propriété, sans avoir à les défendre de manière « violente », comme cela fut le cas dans un passé pas si lointain.

Pour la classe-moyenne : la redistribution annule tous les efforts qu’ils font pour ne pas se retrouver au bas de l’échelle et leurs avantages relatifs sur une autre partie de la population se voit remise en cause par la redistribution.

Pour les pauvres : ils se révoltent essentiellement contre des lois et des taxes, qui à leurs yeux les dépouillent du peu qu’ils ont et n’arrivent pas à mesure les bénéfices qu’ils tirent de l’État. À ce niveau, il s’agit plus d’ignorance que de réelle motivation politique.

L’énoncé des arguments qui précédent démontre les limites d’une taxation progressive et redistributrice. Il serait plus intelligent de limiter la redistribution et de demander aux plus aisés une contribution plus grande au financement d’infrastructures permettant d’améliorer la qualité de vie de tous, dans l’esprit d’Adam Smith : la capacité contributive (ability to pay) prétend répartir de manière égale le sacrifice exigé à chacun des contribuables: « Les sujets d’un État doivent contribuer au soutien du gouver­nement, chacun le plus possible en proportion de ses facultés, c’est-à-dire en propor­tion du revenu dont il jouit sous la protection de l’État. »

 

Un faux espoir de nouvelle révolution post-industrielle.

Les économistes et les politiques espèrent toujours qu’une nouvelle avancée technologique va permettre avec des causes similaires de retrouver les effets de la révolution industrielle. La grande avancée technologique fut la transformation d’énergie fossile en travail mécanique et toutes les avancées successives sont du même ordre. Même les engrais ou la chimie, n’ont réussi qu’à répéter le phénomène sous une forme diverse : ressource fossile → nouveau produit ou nouvelle énergie. Comme indiqué plus haut, l’ensemble de cette révolution s’est faite en utilisant (gaspillant) des ressources définitivement perdues pour les générations futures et en créant des atteintes majeures à l’environnement, qui pourraient même remettre en cause la survie de l’espèce humaine.

L’arrivée dans les années 1970 des NTIC, des ordinateurs personnels, puis du réseau internet, et de la formidable interconnexion qui en est née, a donné l’illusion qu’une nouvelle révolution productiviste allait permettre à l’espèce humaine de franchir un nouveau cap en matière de bien-être et éventuellement lui permettre de s’affranchir des lois entropiques. Or il n’en est rien et le réseau ne fait qu’accélérer la globalisation et l’harmonisation des niveau de vie, par conséquent il rapproche encore le temps où lequel la croissance faible touchera toute le planète, en diffusant les effets économiques à l’échelle mondiale.

Cette fantastique connectivité qui permet potentiellement de relier entre eux tous les êtres humains, de même que leurs artefacts, est énormément gourmande en énergie et surtout très chronophage. Elle a néanmoins réussi à changer les mentalités en ce qui concerne le partage et la collaboration. Jeremy Rifkin parle d’augmentation du niveau d’empathie dans plusieurs de ses ouvrages et y voit un grand avenir pour l’espèce humaine. Si la révolution numérique n’a pas réussi à faire retrouver la croissance à l’humanité, elle va pourtant lui permettre, bien utilisée, de nettement diminuer la dégradation entropique de l’environnement, en contribuant à optimiser la gestion des ressources.

 

Tout n’est pas soumis aux effets de l’entropie.

Tout comme le dicton l’affirme « L’argent ne fait pas le bonheur », le bien-être des humains n’est pas uniquement lié à une consommation effrénée des ressources de la planète. Il est d’autres activités qui procurent de la satisfaction, sans nécessairement utiliser des ressources matérielles.

La transmission de savoir et la capacité à l’utiliser en sont les principales : la numérisation et le partage de l’information seront à l’avenir une source de bonheur pour de nombreux individus. Le faible coût de stockage et de transport de l’information numérique devrait permettre à toute la population terrestre d’y avoir accès aisément. Il restera la formation nécessaire pour l’utiliser, mais à nouveau de nouvelles méthodes d’enseignement dématérialisées permettront à tous d’avoir accès à la formation à des coûts raisonnables.

Les arts et la culture sont source de joie de vivre tant pour ceux qui les exercent que pour ceux qui les consomment. Si la littérature, la musique et les arts dits visuels sont déjà largement numérisés, les arts plastiques le seront probablement rapidement grâces aux techniques holographiques, sans parler de l’impression 3D. Les livres, musées, concerts et cinémas ne disparaîtront pas pour autant, mais leur nombre d’augmentera pas proportionnellement à la consommation culturelle.

La philosophie et les religions, ainsi que tous les domaines où l’être humain cherche à donner un sens à sa vie, seront accessibles et confrontés, bien plus aisément, la connectivité permettant même à de très petites communautés d’être en permanence en lien. La politique qui est la place où se rejoignent et se confrontent les opinions devra aussi s’adapter aux transformations sociétales, notamment aux exigences de transparence et de vérité, mais surtout abandonner les dogmes trop réducteurs qui ne résisteront pas à l’avalanche d’informations en temps réel qui va submerger les citoyens.

La pratique du sport, ou d’autres activités compétitives, pas nécessairement physiques, sont un peu plus gourmandes en « matière » et « énergie », mais restent sources d’intenses satisfactions, pas uniquement pour une victoire, mais aussi pour l’esprit d’équipe et plus physiquement pour les décharges d’adrénaline et d’endorphines qu’elles procurent.

Tous les efforts des politiques, mais aussi des individus en tant que parents, formateurs, modèles, devraient progressivement évoluer vers une meilleure valorisation de ces domaines, au détriment des valeurs purement matérielles.

 

Vers un monde meilleur.

Personne n’a le droit d’imposer à ses semblables « une vie bonne », mais l’on peut toutefois reconnaître objectivement que « make the world a better place to live in » comme le voudrait Hannah Arendt est un but existentiel intéressante et louable. Les philosophies et choix individuels peuvent varier, mais dans la grande majorité des sociétés dites civilisées, l’on en retrouve les grandes lignes dans les constitutions et chartes fondamentales.

Dans le cas précis des aspects économiques, ce sont les deux premiers articles de la déclaration des droits de l’homme qui sont en cause. Ils ne sont pas antinomiques en affirmant les droits à la propriété, mais aussi  ceux à l’égalité, notamment en précisant que les distinctions sociales ne se justifient que par le bien commun.  Etant donné le consensus politique universel qu’ils suscitent, il est acceptable de viser les mêmes objectifs au niveau économique global.

Il est évident que les hommes naissent égaux en droits, mais qu’ils sont aussi dotés à la naissance de diverses qualités ou défauts qui les différencient fortement entre eux, notamment dans la compétition pour la recherche et la conservation d’un partenaire en vue de la fondation d’une famille. Cette dernière motivation semble être devenue l’un des objectifs premiers d’une grande majorité d’êtres humains, comme le démontre la nouvelle pyramide de Maslow, révisée récemment par des scientifiques américains pour l’adapter au monde actuel.

Ce sont les différences génétiquement programmées entre les individus, qui les conduisent à rechercher d’autres voies pour obtenir les avantages relatifs qui leur permettront de séduire un partenaire, voire un « meilleur » partenaire. Les avantages matériels étant très souvent reliés à une plus grande sécurité, à plus de pouvoir et aussi à un confort non négligeable, la différentiation économique représente un facteur puissant de différentiation sociale, permettant de compenser certains déficits au niveau de la dotation génétique, que cela soit au niveau de la beauté, de la force ou de l’intelligence. Il serait vain de lutter contre des tendances aussi fortement ancrées dans l’inconscient, par contre il serait certainement possible d’en limiter les effets négatifs.

 

Conclusions et pistes

Il serait très prétentieux, de présenter ici des solutions, à la recherche desquelles des générations de politiques et d’économistes se sont épuisés, mais cet article, comme tous ceux, similaires, qui l’ont précédé et qui le suivront, contribuera peut-être à une meilleure compréhension du phénomènes, des enjeux et à la conception de solutions viables.

Enjeux

La croissance économique ne constituera probablement plus le moteur permettant une amélioration globale du niveau de vie matériel des habitants de la planète. Ce constat est lié à deux phénomènes aujourd’hui clairement démontrés ou sérieusement envisagés :

  • La croissance démographique devrait ralentir et la population mondiale se stabiliser à un niveau pas encore défini.
  • Le progrès technique ne permettra pas d’inverser la dégradation entropique de la planète, tout au plus à la freiner.

L’absence de croissance économique met en péril une harmonisation des niveaux de vie à l’échelle planétaire par une absence de redistribution des surplus, ce qui induit automatiquement une diminution pour un groupe, facteur de conflits et de crises sociales.

  • Les sociétés émergentes et leurs populations n’accepteront pas de modérer leurs appétits avant qu’ils aient atteint le niveau de vie des sociétés dites évoluées.
  • Les sociétés évoluées et leurs populations n’accepteront pas un diminution de leur niveau de vie, pas plus qu’une stagnation.

Les politiques de tous les pays n’auront de choix immédiat que la continuité et donc l’exploitation à outrance des ressources fossiles. De nouveaux courants émergent toutefois et préconisent une meilleure utilisation du réseau internet pour créer un réseau énergétique interconnecté en utilisant beaucoup plus les énergies renouvelables et les possibilités de stockage offerte par les piles à combustibles et l’hydrogène afin de limiter la charge entropique. L’utilisation du réseau et de la fameuse capacité disponible au sens de la théorie des coûts d’utilité marginale, ne devrait pas en rester là et de nombreux autres domaines seront touchés générant des économies considérables.

Sans l’adhésion démocratique d’une « large » majorité de la population aucune démarche politique n’a de chances de succès. Les comportements égoïstes trouvant leurs sources dans des réflexes innés de défense et de protection, difficiles à modifier, car profondément ancrés dans les subconscients, il convient au travers de démarches évolutives et progressives de faire changer les mentalités.

Le point sur lequel achoppent toutes les tentatives politiques pour harmoniser les niveaux de vie est lié à la redistribution des richesses. Pour des raisons diverses, de nombreux groupes s’y opposent et empêchent la mise en place d’une politique égalitariste qui permettrait éventuellement de diminuer les comportements ostentatoires si gourmands en ressources.

Tous ces comportements individualistes sont à relier à deux causes principales :

  • Le besoin de sécurité pour le futur qui se traduit par des phénomènes d’accumulation exagérés.
  • Le besoin d’avantages relatifs liés à des aspects « familiaux », protection du partenaire et des enfants.

Ce n’est qu’en considérant à leur juste valeur ces motivations profondes et en prenant des mesures pouvant atténuer les comportements liés à l’accumulation de biens matériels que les sociétés seront en grade de pouvoir survivre à une absence de croissance économique tout en redistribuant suffisamment les richesses pour éviter des conflits sociaux.

 

Pistes

Visiblement les aspects techniques et économiques d’une évolution vers une société moins gourmande en ressources générant de l’entropie sont assez facilement maitrisables, par contre il n’en va pas de même des aspects humains et donc politiques, qui ne seront que beaucoup plus difficilement surmontables.

Les besoins de sécurité sont essentiellement liés à des aspects immédiats et du futur proche, à l’échelle d’une vie. Les humains accumulent pour parer à des coups durs (maladies, accidents, conflits, chômage) ou pour leurs vieux jours. L’introduction dès le début du siècle passé de nombreuses assurances sociales qui protègent les individus contre les « coups du sort » et leur garantissent un revenu de subsistance pour leur vieux jours ont déjà profondément modifié le paysage social. Aujourd’hui c’est la pérennité de certains de ces systèmes qui est mis en cause, essentiellement du fait de l’évolution démographique, et qui fait renaître des anciennes peurs avec les réflexes égoïstes qui leur sont liées. Pour éviter ces phénomènes il convient de :

  • Pérenniser les assurances sociales (chômage, maladie, accident, etc.) en assurant leur financement au travers d’une solidarité globale dont les effets redistributifs serait limités afin de leur garantir un large soutien. Pour les autres types d’assurances privées, une interdiction de sélection des risques, permettrait de continuer à garantir une large couverture à des coûts abordables, sans pénaliser certaines classes. Ce qui ne signifie pas qu’il ne faille pas pénaliser des comportements déviants ou exagérément à risque.
  • Pérenniser les assurances-vieillesse et leur rentes en atténuant la solidarité intergénérationnelle qui a permis leur création. Elle constitue une charge supplémentaire pour les générations à venir, qu’on pourrait inverser sur la génération précédente  au travers de l’impôt sur les successions. Les notions de capacités contributives pourraient être maintenus en taxant sans plafond, mais en redistribuant avec.
  • Réaliser une utopie en introduisant un revenu minimum inconditionnel garanti, dont les effets sont largement inconnus, mais qui pourrait modifier de fond en comble les comportements des individus. Des essais pourraient se faire avec de petits montants pour progressivement atteindre le minimum vital.

La réalisation de ces deux objectifs permettrait de rassurer le plus grand nombre sur leur avenir et celui de leurs proches et les inciterait à adopter plus facilement des comportements plus collaboratifs tout en faisant preuve de plus d’empathie pour leur prochain. Mais ces mesures ne suffiront pas à compenser l’absence de croissance et pour maintenir un développement et une harmonisation des niveaux de vie.

Les différences de revenus, de richesses sont saines et probablement nécessaires au fonctionnement harmonieux de toute société humaine, car elles permettent de compenser celles liées à la dotation génétique et donc de créer de l’espoir. Des différences trop importantes seraient toutefois dangereuses, surtout si l’accumulation permet de prolonger indéfiniment la différence par dessus les générations.

Des mesures supplémentaires pourraient consister à :

  • Limiter ou supprimer les rentes de situation dont bénéficient de nombreux individus du fait de leur appartenance à la communauté étatique, en favorisant les petites entreprises privées, garantes de concurrence, de créativité et donc d’efficacité, mais dans le strict respect de règles préétablies.
  • Demander aux plus aisés de participer plus largement au financement d’initiatives porteuses de bien-être, que ce soient des infrastructures matérielles, des initiatives scientifiques ou culturelles. De nombreuses personnes ayant accumulées de grandes fortunes les redistribuent sous cette forme et il serait heureux que tous ceux ayant les moyens participent à ces efforts, au lieu accumuler encore plus de richesse, de par leur soif inextinguible de pouvoir.
  • Porter l’effort sur la formation, non seulement à des connaissances ouvrant des perspectives professionnelles, mais aussi valoriser les formations culturelles mettant l’accent sur le développement de soi, la capacité à appréhender la nature, les relations avec ses semblables, toutes valeurs procurant tout autant de satisfactions, si ce n’est plus, que la possession en excès de biens matériels superflus.

Une synthèse de cet article pourrait conduire à dire que ce n’est pas directement au niveau économique qu’il convient d’intervenir, mais plutôt de mettre en place des instruments permettant une évolution des mentalités.

Pour les sociétés occidentales et la majorité de leurs citoyens, la prétention à une forte augmentation du niveau de vie est presque indécente et ce n’est que lorsqu’ils redécouvriront des valeurs moins matérielles qu’ils pourront alors prétendre à une réelle augmentation de leur niveau de félicité.

 

Pour conclure il serait opportun de reprendre la maxime de John Ruskin :

 « il n’y a de richesse que la vie ! »

 

Compléments

Estimation de l’évolution historique du PIB

Année Population (millions) PIB par Capita ($ US 2000)
-5000 5 130
-1000 50 160
1 170 135
1000 265 165
1500 425 175
1800 900 250
1900 1625 850
1950 2515 2030
1975 4080 4640
2000 6120 8175
CroissancePop
A331022B
Antoine_lavoisier[1]
« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se tranforme »
« Rien ne naît ni ne périt, mais des choses déjà existantes se combinent, puis se séparent de nouveau ».

Les principes de la thermodynamique

La thermodynamique classique a pris son essor comme science des machines thermiques ou science de la puissance motrice du feu. Sadi Carnot a initié les études modernes des machines thermiques dans un mémoire fondateur.

Le premier principe de la thermodynamique ou principe de conservation de l’énergie affirme que l’énergie est toujours conservée. Autrement dit, l’énergie totale d’un système isolé reste constante.

Le deuxième principe de la thermodynamique ou principe d’évolution des systèmes affirme la dégradation de l’énergie : l’énergie d’un système passe nécessairement et spontanément de formes concentrées et potentielles à des formes diffuses et cinétiques (frottement, chaleur, etc.). Il introduit ainsi la notion d’irréversibilité d’une transformation et la notion d’entropie. Il affirme que l’entropie d’un système isolé augmente, ou reste constante.

Prévisions de croissance de la population mondiale (ONU)

prevision_population_mondiale

Représentation schématique de la transition économique 

 

La consommation ostentatoire

Ce concept est fondateur en sciences sociales et illustre une consommation destinée soit à montrer un statut social, un mode de vie ou une personnalité, soit à faire croire aux autres que l’on possède ce statut social, mode de vie ou personnalité.

Le concept de consommation ostentatoire est la traduction française de l’expression anglaise « Conspicuous consumption », forgée par le sociologue et économiste américain Thorstein Veblen et exposée pour la première fois en 1899 dans son ouvrage Théorie de la classe de loisir.

À l’origine des ce type de comportements on retrouve des atavismes profondément ancrés dans le subconscient. Ces atavismes sont de deux ordres :

  • La recherche de pouvoir dans le but d’obtenir un avantage compétitif pour pouvoir se trouver un partenaire, se reproduire et fonder une famille, puis la protéger en l’éloignant des dangers représentés par les concurrents, en sélectionnant le milieu par la dépense.
  • La peur de se retrouver en position de faiblesse dans le groupe et donc d’être la première victime des prédateurs, qui veut que les individus se battent pour ne pas être les derniers.

La fameuse citation de H.L.Mencken l’illustre fort bien

« A wealthy man is the one who earns $100 a year more than his wife’s sister’s husband. »

L’un des auteurs ayant le mieux décrit et décrié la consommation ostentatoire est Robert H. Frank, notamment dans son livre « la course au luxe »

Exemple de vision à long terme :

Le fond souverain norvégien institué pour placer et développer les bénéfices liés à l’extraction du pétrole en mer du Nord et permettre aux générations futures d’en avoir un part, même une fois les gisements épuisés.

Government Pension Fund Global (GPFG) 

The GPFG was established in 1990 as a fiscal policy tool to underpin long-term considerations in the phasing in of petroleum revenues into the Norwegian economy. Renaming the Fund the Government Pension Fund Global in 2006 was part of a broader pension reform. Long-term, sound management of the Fund helps to ensure that both present and future generations can benefit from Norway’s petroleum wealth.

 

HOMO VIVENS : L’encyclopédie de l’Agora

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Partage et collaboration (gratuit)

Les exemples de mise en commun de ressources dans le but de faciliter l’accès sont nombreux

WIKIPEDIA : encyclopédie collaborative en ligne.

SETI@home : calcul massif et distribué.

Sourceforge.net : répertoire de projets et de logiciels libres.

OpenStreetMap : publication de cartes

Forums : Cuisine, Santé, Bricolage, Jardinage, Réparations

 

Optimisation de ressources (commercial)

ou consommation collaborative

Global Mesh : site de l’économie partagée

Mobility : coopérative de partage de voitures

Uber : partage optimisé de limousines avec chauffeur

AirBnB : partage d’appartement pour vacances

Réseaux énergétiques intelligents et interconnectés.

 

DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789

Article premier

Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

Article II

Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

 

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La nouvelle pyramide des besoins

nouvelle pyramide de maslow

 

 

La troisième révolution industrielle (wikipedia)

L’expression « troisième révolution industrielle » (TRI), popularisée par Jeremy Rifkin désigne une nouvelle révolution industrielle et économique qui se distinguerait des secteurs d’activité classiques de la production et aurait démarré au milieu du XXe siècle avec le développement des Nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Dans son analyse prospective, Rifkin la juge nécessaire et urgente pour notamment répondre à la diminution de la production de pétrole et pour une transition vers un développement plus soutenable nécessitant une « économie décarbonée » (produisant moins de gaz à effet de serre). En effet, cette révolution serait fondée sur une production d’énergie non plus « centralisée », mais « distribuée », l’énergie circulant dans le réseau de manière « intelligente », un peu comme l’information circule dans l’Internet.

Depuis 2006, Rifkin propose cette révolution comme vision stratégique aux entreprises, aux États et à l’Union européenne. Elle permettrait de respecter (et dépasser) les engagements mondiaux en matière de lutte contre le réchauffement climatique (Protocole de Kyotoetc.). Elle permettrait aussi selon lui une gestion plus durable des ressources et une survie de l’économie (via une économie différente, après une phase de transition). Elle éviterait à court terme la prolongation des crises pétrolières et l’aggravation ou le retour de la crise de 2008. À moyen et long terme, c’est pour J. Rifkin l’ultime et seule solution pour éviter un effondrement global et durable de l’économie mais aussi un collapsus global incluant un collapsus écologique ; c’est une réponse à ce qu’il appelle « la facture entropique de l’âge industriel ».

L’enjeu est aussi la survie des écosystèmes et donc de l’humanité qui en dépend et Rifkin ne voit pas de « Plan B ». Elle a été récemment rendue possible par les progrès des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) mais reste à mettre en œuvre.

En 2007, le Parlement européen a officiellement adopté cette vision.

 

 

Prestation sociale (wikipedia)

Ces versements sont des transferts versés pour réduire la charge financière (prise en charge totale ou partielle) associée à six grandes catégories de risques[1] :

  

Part des dépenses de retraites en % PNB 
2009 OCDE 7.3                  
Mexique 1.7 Estonie 7.8
Corée 2.1 Finlande 8.3
Australie 3.4 Rép. tchèque 8.3
Chili 3.5 Belgique 8.9
Nlle-Zélande 4.0 Espagne 9.0
Canada 4.3 Japon 9.5
Norvège 4.4 Hongrie 9.9
Danemark 4.5 Pologne 10.8
Pays-Bas 4.7 Allemagne 10.9
Royaume-Uni 5.9 Slovénie 10.9
Suède 6.2 Portugal 11.6
Suisse 6.4 Autriche 11.8
Etats-Unis 6.4 France 12.8
Turquie 6.8 Grèce 13.0
Rép. slovaque 7.0 Italie 13.5

 

Logo de l’association

Le revenu de base est un revenu versé par une communauté politique à tous ses membres, sur une base individuelle, sans conditions de ressources ni exigence de contrepartie

 revenu base

 

Principales fondations philanthropiques

Organisation Dotation
Stichting   INGKA Foundation (I. Kamprad) $36.0 billion
Bill &   Melinda Gates Foundation $34.6 billion
Wellcome Trust $22.1 billion
Howard Hughes   Medical Institute $16.1 billion
Ford   Foundation $11.0 billion
J. Paul Getty   Trust $10.5 billion
Mohammed bin   Rashid Al Maktoum Foundation $10.0 billion
Robert Wood   Johnson Foundation $9.0 billion
Li Ka Shing   Foundation $8.3 billion
The Church   Commissioners for England $8.1 billion
William and   Flora Hewlett Foundation $7.4 billion
Kamehameha   Schools $7.3 billion
Lilly   Endowment $7.28 billion
W.K. Kellogg   Foundation $7.26 billion
Robert Bosch   Foundation $6.9 billion
Garfield   Weston Foundation $6.5 billion
David and   Lucile Packard Foundation $5.8 billion
John D. and   Catherine T. MacArthur Foundation $5.7 billion

 

 

 

 

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