livre_piketty marxetçarepart pikettyLe capital au XXIe siècle : Thomas Piketty

Le dernier ouvrage de l’économiste Thomas Piketty est un vrai pavé (1000 pages) dans la mare ! Malgré sa taille le livre est digeste, et surtout il est brillant par la manière d’aborder et d’expliquer le sujet. De nombreux économistes considèrent qu’il fera référence de par sa démarche cohérente, précise et documentée, chose rare dans la profession.


 

Pour faire court : Dans quelle société allons-nous ou voulons-nous vivre, celle de la « Belle Epoque » avec des inégalités criantes ou celle des « Trente Glorieuses », période la plus égalitaire de l’histoire qui a notamment vu naître la classe-moyenne ? C’est à cette question que Thomas Piketty cherche à répondre et nous obliger à réfléchir.

Dans cet ouvrage il rassemble et analyse une foison de données afin d’obtenir une vision claire de la situation actuelle, mais aussi du passé. Le lecteur intéressé trouvera sur le site de Thomas Piketty, l’ensemble de la documentation et des graphiques.

Nous nous permettrons dans cet article d’illustrer les thèses de Piketty avec des éléments issus d’autres sources afin de donner au lecteur l’envie de se plonger dans son ouvrage. L’on nous pardonnera l’extrême simplification dont nous nous rendrons parfois coupables dans le but de résumer succinctement ses théories.

Pas de parti pris

Dès le début de l’ouvrage Piketty explique clairement que sa démarche n’est pas de l’anticapitalisme primaire et que son travail doit déboucher sur une meilleure compréhension des phénomènes économiques en se basant sur les données du passé et en les actualisant en permanence afin de garantir une transparence qui permette d’éviter les affirmations péremptoires, guider les politiques et leurs électeurs dans leurs choix et permette in fine d’aboutir à une meilleure société (c’est à ce niveau qu’évidemment ses contradicteurs ne seront pas d’accord: qu’est-ce qu’une meilleure société ?). Il met aussi en garde sur la volatilité des données économiques liées par définitions à des critères socio-historiques qui rend parfois leur interprétation difficile, sauf sur le long terme, qui gomme les accidents historiques. Il émet aussi le souhait de voir mieux collaborer les historiens, les sociologues et les économistes, pour obtenir des théories plus affirmées et n’hésite pas à intégrer des auteurs comme Jane Austen ou Honoré de Balzac pour illustrer certaines données du passé. L’on notera toutefois que Piketty est clairement positionné à gauche sur l’échiquier politique et que bien entendu une partie de ses écrits reflète ses engagements.

 

Thèmes du livre

Depuis plusieurs années Piketty travaille sur la répartition des richesses, revenu et capital, et cherche à comprendre les raisons des modifications de ces rapports dans le temps. Il souhaite aussi comprendre si l’on va vers plus ou moins d’égalité et comment appréhender ces phénomènes. Il justifie sa démarche par la seconde phrase de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1789 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune. » qui accepte qu’il existe des différences entre les êtres humains si elles peuvent se justifier par une société meilleure dans son fonctionnement.

Le fait qu’il existe des riches et des pauvres serait ainsi acceptable par toute société basée sur la méritocratie, mais si le transfert de patrimoine ou l’obtention de revenus élevés nettement supérieurs par une partie de la population se faisait au grand détriment d’une autre, l’on pourrait considérer que les hommes ne naissent plus égaux. Le tout est de définir les limites acceptables et bénéfiques pour l’ensemble. Déja Saint Thomas d’Aquin, définissait comme règle fondamentale, au XIIIe siècle : « La loi est une ordonnance de raison, en vue du bien commun, promulguée par celui qui a la charge de la Communauté».» . Le bien commun est le fruit de la volonté politique des citoyens qui en définissent les critères au travers de leurs choix exprimés démocratiquement dans les urnes.

La thèse centrale de son ouvrage est définie comme suit :

« Un écart en apparence limité entre le taux de rendement du capital et le taux de croissance peut produire à long terme des effets extrêmement puissants et déstabilisants sur la structure et la dynamique des inégalités d’une société donnée. »

 

Éléments de compréhension

Résumer un tel ouvrage n’est pas évident et nous chercherons à donner au lecteur un aperçu de son contenu en nous limitant à présenter les éléments les plus importants et les thèses centrales. Nous avons cru distinguer dans ce livre 3 parties principales qui ne reprennent pas la division proposée par Piketty.

  1. Les aspects mathématiques et lois fondamentales qui permettent d’expliquer le passé et de formuler des prévisions (avec de nombreuses réserves).
  2. les aspects statistiques et historiques qui illustrent le passé, permettent son analyse pour une meilleure compréhension du présent et du futur (probable).
  3. les aspects philosophiques et politiques qui mettent en lumière des phénomènes positifs (à priori) et proposent des solutions pour les voir se répéter.

Les aspects mathématiques et lois fondamentales

Piketty observe la société d’un point de vue macro-économique et sur le long terme, ce qui lui permet de définir un certain nombre de critères et de lois mathématiques que nous énumérons ci-dessous. C’est un passage obligé pour la compréhension du livre.

Définitions de base

  • LES REVENUS : Total de la production annuelle, qu’ils s’agisse des revenus du travail ou du capital. (Il faut y ajouter les flux avec l’étranger, mais Piketty démontre qu’il s’agit de phénomènes de peu d’importance, variables et souvent d’une importance limitée dans le temps (colonies)). Il convient encore de pouvoir séparer et comparer la relation entre les revenus du capital et ceux du travail. Piketty nous démontre que l’histoire propose une relation de 20-50% selon les périodes.
  • LE CAPITAL (patrimoine) : Total du patrimoine privé et public (Il faudrait y ajouter les avoirs nets avec l’étranger, mais à nouveau Piketty démontre qu’il s’agit de sommes marginales)Plus tard dans le livre, il fera la distinction entre capital issu du travail et capital issu de l’héritage.
  • LE RAPPORT CAPITAL/REVENU : mesure de l’importance globale du capital dans une société. Ce rapport en peut en fonction du taux de rendement être crucial pour le rapport entre les deux types de revenus. Piketty démontre qu’historiquement ce rapport se situe entre 4 et 6.
  • LE TAUX D’ÉPARGNE : pourcentage du revenu annuel non-consommée et réinvesti dans le capital. Cet élément est le plus difficile à cerner car il dépend de nombreux facteurs subjectifs tels que : la perception de l’avenir, le montant du revenu disponible et fluctue dans le temps. Piketty à nouveau indique qu’une moyenne de 10% peut être déterminée sur le long terme.
  • LE TAUX DE CROISSANCE DU REVENU : augmentation annuelle des revenus du travail et du capital. Fortement lié donc à la productivité, ce taux est très dépendant du progrès technique et donc de la formation, mais d’autres facteurs peuvent l’influencer. Après des taux très élevés durant l’après-guerre, justifiés notamment par la reconstruction, les taux de croissance devraient théoriquement retourner à leurs niveaux historiques sur le long terme, à savoir 1-2%.
  • LE TAUX DE CROISSANCE DE LA POPULATION : la croissance démographique influe sur la masse totale et selon les cas sur les autres facteurs vus précédemment. Piketty démontre qu’il s’agit d’un phénomène à priori en voie de tassement et qui va probablement se limiter à environ 1-2% dans l’avenir.
  • LE TAUX DE RENDEMENT DU CAPITAL : pourcentage de revenu que procure annuellement un placement en capital (de toutes sortes). Piketty démontre que ce taux est relativement stable dans l’histoire autour de 5% et précise que fort probablement il se tassera un peu à l’avenir autour de 4%.

Piketty a aussi le mérite dans cet ouvrage de nous éclairer sur les « lois fondamentales du capitalisme » qu’il utilise pour démontrer ces thèses.

1ère loi fondamentale du capitalisme : α = r  x β 

  • α est la part des revenus du capital dans le revenu national
  • β est le rapport capital/revenu
  • est le taux de rendement moyen du capital

exemple : si dans un pays le taux de rendement moyen est de 5% et que le rapport capital/revenu est de 5 alors la part des revenus du capital dans ce pays est de 25%.

 2ème loi fondamentale du capitalisme : β = s / g 

  • s est le taux d’épargne moyen
  • g est le taux de croissance du revenu national

exemple : si dans un pays le taux d’épargne moyen est de 10% et que le rapport capital/revenu est de 5 alors le taux de croissance de ce pays sera de  2%.

  • LA LOI CUMULATIVE : Piketty rappelle que sur le long terme de petites causes peuvent avoir de grands effets, du fait des effets cumulatifs, et que même de très faible pourcentages produisent des chiffres étonnants après une longue période. Un taux de 2.5% entraîne un doublement au bot de trente ans.
  • L’INFLATION : Piketty démontre qu’historiquement il s’agit d’un phénomène limité, notamment aux périodes de conflits et/ou de forts déséquilibres géopolitiques et pense qu’à l’avenir le phénomène devrait se stabiliser autour de 2%, voire moins.
  • L’INEGALITÉ  r > g : le fait qu’historiquement le taux de rendement du capital soit presque toujours supérieur au taux de croissance des revenus implique mécaniquement un accroissement des inégalités, surtout si l’on y ajoute que le taux de rendement est plus élevé selon la taille du capital. 

 

Les aspects statistiques et historiques

Thomas Piketty décèle des facteurs de convergence et de divergence (plus d’égalité ou d’inégalité entre les individus) et cherche à comprendre les raisons de ces évolutions. Il met en lumière divers facteurs de convergence comme la formation, la qualification professionnelle, ainsi que de divergence telles que les ruptures technologiques qui rendent obsolètes certaines compétences, les ruptures géopolitiques qui ouvrent de nouveaux marchés avec des coûts de production différents et surtout l’inégalité r > g qui conduit à une concentration de la richesse du type Monopoly.

L’analyse historique des taux de croissance de la population, des revenus, de la productivité et du capital au niveau géographique permet à l’auteur de produire diverses affirmations assez pertinentes et novatrices, notamment en remettant en cause le mythe de la croissance à 3-4% tel que vécue durant les « Trente Glorieuses ». (voir article sur l’histoire de l’économie) En fait Piketty démontre que sur le long terme il est fort probable que le taux de croissance de la population mondiale comme celui du capital reviennent à des niveaux annuels très bas inférieurs à 1% et donc remettent en cause l’égalisation produite par des taux plus élevés. Piketty fait aussi une incursion sur le terrain de l’inflation pour rappeler qu’il s’agit d’un phénomène propre au 20ème siècle et qu’historiquement il présente la même évolution, à savoir une courbe en forme de cloche que le taux de croissance de la population ou de la productivité.(graphiques pour illustrer le phénomènes sur un blog indépendant). Le graphique ci-dessous présente le phénomène pour la France.

Un autre élément important du livre est représenté par la notion de capital (ou patrimoine) et de revenu et surtout de leur relation dans le temps conduit Piketty à découvrir des éléments historiques, des tendances et des variations qu’il va devoir expliquer. Il nous éclaire sur un phénomène souvent passé sous silence, à savoir que le rapport capital/revenu est relativement stable dans l’histoire et au niveau global si l’on exclut certains phénomènes :

  • Les guerres et autres catastrophes majeures qui entrainent de grosses destructions de capital.
  • Les variations expliquées par des bulles passagères et les effondrements qui peuvent en résulter.
  • Les modifications de structure du capital lors des changements du type révolution industrielle ou politiques majeurs.
  • Certaines différences géographiques liées particulièrement à l’immigration ou à l’abondance de terres.

Pour simplifier on dira que Piketty considère comme Capital, tous les biens matériels et immatériels tels que, terres, immeubles, appareil productif, brevets, etc. à l’exclusion du capital-humain (sauf dans le cas de l’esclavage) et comme Revenu (annuel), tous les produits du travail humain, ainsi que les rendements produits par les éléments de capital tels que décrits ci-dessus. De son analyse historique il ressort que mis à part pour la période 1914-1950 fortement destructrice de valeur, le rapport capital/revenu est toujours resté relativement stable ou en légère croissance autour de 4 à 6x. Il fait des parallèles très intéressants avec toute la « Belle Epoque » (1870-1914) mais aussi avec les périodes précédentes en se basant notamment sur les romans de l’époque.

Se basant sur des projections communément admises aujourd’hui pour le taux de croissance économique et de la population et en l’absence de crise majeure, il prévoit ainsi une croissance régulière de ce taux pour le siècle qui vient avec les incidences que nous développerons plus loin sur les inégalités.

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À la suite de cette proposition, Piketty analyse le rapport en les revenus du capital et ceux du travail et constate que comme pour les éléments évoqués plus haut la part historique des revenus du capital était de l’ordre de 30-40%, pour descendre vers 20-25% durant la période après-guerre et progressivement remonter pour atteindre de nos jours 25-30%. Ce qui revient à dire que dans le revenu d’un pays la part qui revient aux personnes disposant du capital augmente à nouveau. Il fut une période où l’on a pensé que la valeur du capital-humain, donc du travail allait augmenter (travaux de Gary Becker) , mais l’augmentation de la productivité est limitée et ne peut concurrencer celle du capital puisque parallèlement aux progrès des individus se font jour des besoins accrus en biens matériels pour les mettre en valeur. 

Dans le même temps, Piketty mentionne que les taux d’intérêts, ou de rendement du capital, sont historiquement situés entre 3 et 6%, avec une prime de risque pour  les investissements considérés comme peu sûrs. Ce qui le conduit à énoncer le postulat suivant : avec une croissance limitée et des taux d’intérêts faibles mais stables, la part du capital dans le revenu augmente inexorablement et cela au détriment des revenus du travail.

Ces deux exemples reflètent assez bien la situation actuelle en Europe, mais l’on voit assez vite ce qui se passe si le rapport capital/revenu augmente, que la croissance, le taux d’épargne et de rendement restent stables. L’on passe pour un rapport de 7 à une part du travail dans le revenu national qui augmente à 35% et ce phénomène s’aggrave si le taux d’épargne ou le taux de croissance baisse.

Après ces explications macroéconomiques nécessaires à la compréhension du tout Piketty aborde enfin le cœur du problème : les inégalités. Il commence par mettre en garde sur l’utilisation de coefficient trop synthétiques comme celui de Gini qui mesure l’égalité ou l’inégalité dans une société à un moment donné. Piketty propose d’analyser séparément les inégalités au niveaux des revenus et celles au niveau des patrimoines pour constater qu’en règle générale les différences sont nettement plus marquées quand l’on observe la répartition du capital.

Piketty utilise les fameux déciles (classes de 10%) pour observer la répartition au sein de la population, mais il va plus loin en indiquant clairement que l’observation de certains centiles peut être très instructif surtout lorsque l’on parle des revenus ou des fortunes les plus élevées. Le décile ayant un rôle d’amortisseur non-négligeable.

Pour simplifier la lecture, il introduit des notions de classes (aisée, moyenne, pauvre) en définissant leur frontières assez arbitrairement et nous présentons ci-dessous les valeurs pour 2010 en Europe. L’on voit fort bien la différence entre revenus et capital et pour la bonne forme l’on indiquera que le centile supérieur (1% les plus riches) détiennent 25% des revenus et capitaux pour 35% au 10% les plus aisés. On voit ainsi la très forte progressivité de la répartition.

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À la suite de cette répartition en classes, Piketty analyse l’évolution historique de la part du décile le plus haut dans le revenu national pour divers pays avec bien entendu des résultats différents mais présentant les mêmes tendances :

  • À la « Belle-Epoque », les revenus du décile supérieur étaient essentiellement constitués de revenus issus de patrimoines, l’on parlait alors de rentiers, qui recevaient un revenu régulier leur permettant de vivre pour la plupart sans travailler. Les guerres et les crises, accompagnées de l’inflation, ont détruit une grande partie de ces patrimoines et les rentes qui leur étaient attachées. De nos jours les revenus du décile supérieur proviennent en grande partie du travail, notamment pour les cadres supérieurs. Seuls le centile supérieur peut faire valoir des revenus importants issus essentiellement de placements financiers (actions d’entreprises pour l’essentiel).
  • La destruction de valeur durant la période 1914-1945 a créé un phénomène de tassement en diminuant nettement le revenu du capital et en revalorisant celui du travail, et a contribué à l’émergence de la classe moyenne, qui n’existait pas précédemment dans l’histoire économique.
  • Les politiques économiques libérales introduites en 1970-1980 (Reagan-Tatcher) ont conduit à une nouvelle augmentation de la part du décile supérieur dans le revenu national et l’apparition des super-cadres avec des appointements jamais vus, renforce encore le phénomène observé au niveau du centile supérieur.

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Piketty démontre ensuite que la fixation des salaires ne suit pas forcément une logique économique et qu’il s’agit surtout de position dans la négociation (pour ne pas parler de copinage), il indique aussi que le niveau de formation déterminant est le niveau « relatif » pour expliquer les phénomènes de divergence constaté entre les US et l’Europe, notamment du fait d’un manque d’investissements dans la formation aux Etats-Unis.

Piketty en vient finalement à l’analyse des inégalités issues de l’héritage dont l’importance avait disparu après les 2 grands conflits mondiaux du fait de la destruction de valeurs, de l’inflation et des décès prématurés. Il dénote le grand retour des capitaux hérités (capitaux du passé) permettant d’obtenir une rente. Même si l’on atteint pas encore les niveaux atteints au 19ème siècle, la part de ces capitaux ne cesse de progresser, ne serait-ce qu’au travers des fonds de pensions.

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les aspects philosophiques et politiques

Nous voilà au centre des préoccupations de Piketty et pour faciliter la compréhension il convient ici de résumer quelques points importants :

  • L’inégalité r > g associée aux phénomènes cumulatifs conduit progressivement à une concentration du capital toujours plus forte.
  • Le rendement supérieur obtenu en fonction de la masse de capital sous gestion renforce encore le phénomène et permet aux grands capitaux de croître naturellement plus rapidement. Sans parler des possibilités de dissimulation fiscales nettement supérieures.
  • L’absence d’inflation, une croissance faible, une démographie faible associée à une absence de conflits majeurs destructeurs de valeur à l’échelle mondiale entraîne automatiquement une augmentation du rapport capital/revenu et donc l’importance des capitaux issus du passé par rapport à ceux issus du travail.
  • La conjonction des éléments décrits ci-dessus favorise une augmentation des inégalités au profit des classes les plus riches de la société et pourrait entraîner la disparition de la classe-moyenne.
  • Les facteurs de convergence telles que la formation, le progrès technique, la croissance démographique ne permettent plus d’assurer une plus grande égalité.

Mécaniquement, en poussant la réflexion jusqu’à l’absurde, à la fin du jeu une personne posséderait tout.

À ce stade, Piketty propose une réflexion sur les diverses possibilités de limiter ces effets mécaniques, notamment au travers de ponctions fiscales. L’idéal serait selon lui un impôt mondial sur le capital, qui éviterait le tourisme fiscal. Mais avant daller plus loin Piketty se penche sur les prélèvements étatiques, leurs rôles, leurs niveaux selon les pays et leur acceptation par la population. Le graphique ci-dessous en donne un aperçu :

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L’on peut remarquer 3 choses dans ce graphique : a) les prélèvements obligatoires ont nettement augmenté historiquement notamment durant les conflits mondiaux et la phase de forte croissance démographique, b) leur niveau est différent selon les pays en fonctions des mentalités plus ou moins égalitaires de ceux-ci et surtout, c) Dans tous les pays ces prélèvement ont cessé d’augmenter depuis 30 ans environ car ayant probablement atteint la limite psychologique et politiquement acceptable par la population.

Il faut reconnaître que la plus grande partie ayant servi à financer les infrastructures détruites durant les conflits, il ne reste presque plus que les aspects sociaux, notamment les retraites, à financer avec ces prélèvements. La part dévolue à l’entretien des infrastructures, de l’Etat et à la sécurité restant assez stable.

Piketty nous fait aussi remarquer que les impôts progressifs sur les revenus, les capitaux et les successions ne sont pas une invention récente et que ce sont les pays Anglo-Saxons, qui ont poussé cette logique vers ses extrêmes, notamment après la crise et les conflits mondiaux. Le graphique ci-dessous est éloquent et montre qu’aux USA et au Royaume-Uni les taux marginaux ont atteint des niveaux confiscatoires.

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Il est quand même assez édifiant de constater que cette période coïncide avec les fameuses « Trente Glorieuses » considérée comme la période la plus égalitaire, mais aussi la plus « heureuse » de notre histoire ! Il est aussi assez étonnant de constater que les pays qui ont le plus fortement réduit ces taux marginaux sont ceux où l’on a rapidement observé de grosses dérives dans les salaires des super-managers !

Le plus grand danger de l’introduction d’une fiscalité à ce niveau se situe clairement au niveau de l’extrême propension à voyager qu’ils ont démontré au cours des années et que la concurrence fiscale entre États ne réduisent son effet.

La dernière partie du livre est consacrée à diverses considérations connexes sur la dette publique, les crises bancaires, les rôles des banques centrales, l’Europe et l’euro, le réchauffement climatique, etc. dont l’intérêt est d’illustrer les propose de Piketty par rapport à l’ensemble du livre et que nous laisserons aux lecteurs le soin de découvrir.

Commentaires inspirés par le travail de Thomas Piketty

  1. Le capitalisme reste le système économique le plus performant et efficace au niveau planétaire. Il porte malheureusement en lui certains défauts qui pourraient entraîner des situations conflictuelles de par la spirale inégalitaire qu’ils occasionnent. Le plus criant étant l’inégalité r > g qui conduit par effet cumulatif à une concentration malsaine des capitaux au profit d’une très petite classe de la population inférieure à 1%.
  2. La société moderne est basée sur une trame « méritocratique » qui lui permet de justifier certaines inégalités au nom du bien commun. Ses règles, transmises à nos enfants,  postulent qu’il existe des possibilités d’ascension sociale pour tous à la condition de se former, de travailler dur et de respecter certaines règles (sans parler d’un peu de chance). Or la concentration des capitaux rend ces espoirs de plus en plus vains car elle déséquilibre les chances de chacun d’accéder à une situation meilleure.
  3. Ces déséquilibres, associés à la spirale infernale de la concentration des capitaux conduisent à des situations pré-conflictuelles, illustrées par les mouvements « Occupy … we are the 99% », le succès de manifestes  comme « Indignez-vous » de Stéphane Hessel.
  4. Les solutions traditionnelles basées sur l’augmentation du taux de croissance, éventuellement du taux de natalité ou de l’immigration, ne porteront probablement plus les mêmes fruits, car elles étaient des remèdes particuliers dans des conjonctions historiques particulières (conflits mondiaux).
  5. Il est possible de réagir et de diminuer l’effet de concentration en corrigeant les effets pervers de l’inégalité r > g, notamment en introduisant une fiscalité qui permette de la limiter. Ce genre de fiscalité a toujours été introduite à la suite de grands conflits et l’on serait bien inspiré de le faire avant qu’ils ne se déclenchent.
  6. La fiscalité confiscatoire sur les très gros revenus, capitaux et successions pourrait fort bien se faire en diminution de la fiscalité globale, de manière à ne pas alourdir la charge pesant sur l’ensemble de la société et de satisfaire ainsi les tenants du « moins d’État ».
  7. En fin de compte, le choix essentiel à faire est de savoir si nous souhaitons vivre dans une société du type « Belle-Époque » ou « Trente Glorieuses » et ce choix doit ressortir d’une décision démocratique appuyée par une volonté politique pour le plus grand bien de la société.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Compléments

 

BRIEF BIO

Thomas Piketty est directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’Ecole d’économie de Paris. Il a publié de nombreux articles de recherche dans les meilleures revues internationales (Quarterly Journal of Economics, Journal of Political Economy, American Economic Review, Review of Economic Studies, etc.), ainsi qu’une dizaine de livres. Il est l’auteur de travaux historiques et théoriques consacrés à la relation entre développement économique et répartition des richesses. Il est notamment l’initiateur de la littérature récente sur l’évolution sur longue période de la part des hauts revenus dans le revenu national (maintenant disponible dans la World Top Incomes Database). Ces travaux ont conduit à remettre en cause radicalement l’hypothèse optimiste de Kuznets sur le lien entre développement et inégalités, et à mettre en évidence l’importance des institutions politiques et fiscales dans la dynamique historique de la répartition des richesses.

Le Capital au XXIe siècle

Thomas Piketty

Date de parution 05/09/2013

Les Livres du nouveau monde  976 pages

La répartition des richesses est l’une des questions les plus débattues aujourd’hui. Pour les uns, les inégalités n’en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l’évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis.

Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s’appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital.

Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d’égalisation des conditions sur le long terme, à l’heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques.

En tirant de l’expérience des siècles passés des leçons pour l’avenir, cet ouvrage montre que des moyens existent pour inverser cette tendance.

Directeur d’études à l’EHESS et professeur à l’École d’économie de Paris, Thomas Piketty est l’auteur de nombreux travaux historiques et théoriques qui lui ont valu, en 2013, le prix Yrjö Jahnsson décerné par la European Economic Association.

World Top Incomes Database

Sur le site créé par Thomas Piketty et ses collègues l’on trouvera de nombreuses données pertinentes.

À noter : Piketty nous apprend aussi quelques petites choses intéressantes sur l’inflation et les mythes des participations étrangères au capital des nations au cours de ses explications:

L’inflation est un phénomène rare dans l’histoire, du moins lorsqu’elle est généralisée et en général le passé a connu une relative stabilité des prix avec des taux de l’ordre de 1 à 2% en général liés avec la croissance économique et démographique.  

Le fait que des Etats puissent en posséder d’autres est une relative illusion puisque une analyse détaillée démontre que si l’on annule les participations croisées de tous, les niveaux créditeurs ou débiteurs envers l’étranger sont relativement bas  et varient régulièrement. 

Commentaires sur le livre

Interview dans le Nouvel Obs’

Sur le site Mediapart

http://www.liberation.fr/economie/2013/09/01/mieux-vaut-heriter-que-meriter_928683

http://www.marianne.net/Piketty-decrypte-le-come-back-des-heritiers_a231808.html

 http://www.franceinfo.fr/economie/en-france-les-10-les-plus-riches-possedent-60-du-patrimoine-total-1128643-2013-09-

03http://www.challenges.fr/economie/20130912.CHA4163/l-arme-de-piketty-contre-l-inegalite-un-isf-mondial-la-rencontre-avec-l-economiste-thomas-piketty-le-6-septembre-a-paris.html

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20131126trib000797816/merci-thomas-piketty-de-remettre-l-economie-dans-l-histoire.html

http://lexpansion.lexpress.fr/economie/thomas-piketty-les-hierarchies-salariales-sont-restees-les-memes-depuis-un-siecle_404112.html

http://www.alternatives-economiques.fr/le-capital-au-xxie-siecle_fr_art_1227_64744.html

mais aussi des critiques 

une critique plus négative sur le site de Libération

manipulation ?

http://www.contrepoints.org/2013/06/10/127403-thomas-piketty-et-joseph-stiglitz-tricheurs-professionnels

http://economie-analyses-actualites-opinions.over-blog.com/article-reflexions-sur-le-dernier-opus-de-piketty-120051459.html

À lire en complément

Marriner Eccles

le blog de Anne-Marie Kraft

 

Salaire minimums et % du sal. Moyen
2013 2011
Belgique 1’502 45%
Bulgarie 159 35%
Croatie 374 36%
Espagne 753 35%
Estonie 320 34%
Etats­Unis 998 31%
France 1’430 47%
Grèce 684 50%
Hongrie 341 39%
Irlande 1’462 42%
Lettonie 290 45%
Lituanie 287 41%
Luxembourg 1’874 47%
Malte 697 47%
Pays­Bas 1’469 44%
Pologne 377 39%
Portugal 566 43%
Rép. tchèque 312 33%
Roumanie 157 36%
Royaume­Uni 1’264 39%
Slovaquie 338 37%
Slovénie 784 49%
Turquie 429 50%

 

Plus d’argent, moins d’emplois ?

Alors que la communication de la Commission se garde de définir exactement en quoi consisterait un niveau de salaire minimum « approprié », le rapport conjoint FMI/OCDE/OIT aux ministres du travail des pays membres du G20 a, pour sa part, suggéré une tranche précise pour le salaire minimum, située entre 30 et 40 pour cent du salaire médian.

Des salaires minimums inférieurs à cette tranche auraient pour effet d’augmenter l’inégalité et de nuire à la demande globale.

En revanche, des salaires minimums dépassant 40 pour cent du salaire médian détruiraient l’emploi et, par là, exacerberaient la pauvreté et les inégalités.

Top Highest paid CEOs in 2010

Philippe Dauman, Viacom, $84.5 million, up 149 %

Ray Irani, Occidental Petroleum, $76.1 million, up 142 %

Leslie Moonves, CBS, $56.9 million, up 32 %

David Zaslav, Discovery Communications, $42.6 million, up 265 %

Richard Adkerson, Freeport McMoran Copper & Gold, $35.3 million, up 76 %

John Lundgren, Stanley Black & Decker, $32.6 million, up 253 %

Brian Roberts, Comcast, $31 million, up 14 %

Robert Iger, Walt Disney, $28 million, up 30 %

Alan Mulally, Ford Motor, $26.5 million, up 48 %

Jeff Bewkes, Time Warner, $26.1 million, up 35 %

Sam Palmisano, IBM, $25.2 million, up 19 %

David Simon, Simon Property Group, $24.6 million, up 430 %

Gregg Steinhafel, Target Corp. $23.9 million, 83 %

Blackrock, Laurence Fink, $23.8 million, up 50 %

William Weldon, Johnson & Johnson, $23.2 million, down 9 %

Brian Goldner, Hasbro, $23 million, up 196 %

Howard Schultz, Starbucks, $21.7 million, up 45 %

Rex Tillerson, Exxon Mobil, $21.5 million, down 1 %

Kevin Sharer, Amgen, $21.1 million, up 38 %

Aubrey McClendon, Chesapeake Energy, $21 million, up 13 %

Gregory Case, Aon, $20.8 million, up 100 %

Jamie Dimon, JPMorgan Chase, $20.8 million, up 1,541 %

Michael Szymanczyk, Altria, $20.8 million, up 131 %

Louis Camilleri, Philip Morris International, $20.6 million, down 16 %

Leslie Wexner, Limited Brands, $20.5 million, up 90 %

Randall Stephenson, AT&T, $20.2 million, no change

Miles White, Abbott Laboratories, $20 million, down 9 %

Jay Fishman, Traverlers, $19.8 million, down 2 %

George Buckley, 3M, $19.7 million, up 41 %

Louis Chenevert, United Technologies, $19.5 million, up 9 %

Robert Kelly, Bank of New York Mellon, $19.4 million, up 73 %

G. Steven Farris, Apache, $19.3 million, up 151 %

Carol Meyrowitz, TJX Companies, $19.3 million, up 30 %

Ahmet Kent, Coca-Cola, $19.2 million, up 30 %

Robert Stevens, Lockheed Martin, $19.1 million, down 7 %

John Brock, Coca-Cola Enterprises, $19.1 million, up 34 %

James Hackett, Anadarko Petroleum, $18.8 million, down 20 %

Michael Duke, Wal-Mart, $18.7 million, down 3 %

Ivan Seidenberg, Verizon Communications, $18.1 million, up 4 %

James Mulva, ConocoPhillips, $17.9 million, up 25 %

Andrew Liveris, Dow Chemical, $17.7 million, up 13 %

Paul Jacobs, Qualcomm, $17.6 million, up 1 %

John Stumpf, Wells Fargo, $17.6 million, down 6 %

Glenn Britt, Time Warner Cable, $17.3 million, up 10 %

H. Lawrence Culp, Danahar, $17 million, up 54 %

Susan Ivey, Reynolds American, $16.8 million, up 4 %

James Cracchiolo, $16.8 million, down 8 %

J. Brett Harvey, Consol Energy, $16.6 million, up 56 %

David Snow, Medco Health Solutions, $16.4 million, up 23 %

Kenneth Chenault, American Express, $16.3 million, down 3 %

Source: Equilar
Quelques définitions du toupictionnaire

Définition de classe moyenne

L’expression « classe moyenne » désigne la partie de la population qui, par son niveau de vie, se situe entre les classes aisées et les classes les plus pauvres.
La classe moyenne est constituée d’un ensemble hétérogène de classes sociales qui varie selon les époques et les pays. On distingue en général :

  • la classe moyenne supérieure (cadres, ingénieurs, professeurs d’université, professions intellectuelles supérieures. Les professions libérales sont associées aux classes aisées).
  • la classe moyenne inférieure (travailleurs sociaux, infirmières, instituteurs, professions intermédiaires, comme les contremaîtres, une partie des employés, etc.).

La notion de « classes moyennes » est apparue au XIXe siècle après la fin des sociétés organisées par ordre (noblesse, clergé, tiers état en France) et le développement de la société industrielle. Elles sont constituées des groupes sociaux qui n’appartiennent ni à la bourgeoisie, ni au prolétariat. Les classes moyennes correspondent à ce que Karl Marx qualifie de petite bourgeoisie, disposant d’un minimum de capital, mais pas suffisant pour pouvoir en vivre : petits propriétaires terriens, petits commerçants, petits industriels, artisans et employés.
A partir de 1930, on constate un déclin des classes moyennes indépendantes (paysans, commerçants, artisans.) tandis que se développent les classes moyennes salariées, notamment pendant les « Trente glorieuses« .
La classe moyenne constitue un groupe social aux contours flous dont il n’existe pas de définition objective et unanimement reconnue. Exemples :

  • L’Observatoire des inégalités définit les classes moyennes comme correspondant aux salariés qui gagnent entre 1 200 et 1 840 euros par mois, chiffres obtenus en prenant les 40 % de salariés situés au-dessus des 30 % les moins payés et en dessous des 30 % les mieux payés.
  • Le sociologue Louis Chauvel propose une définition qui élargit la classe moyenne à 60% des salariés, dans laquelle il distingue une classe moyenne inférieure, une intermédiaire et une supérieure, les salaires étant compris entre 1 143 et 3 429 euros par mois.

En termes de perception, environ les deux tiers des Français se placent spontanément parmi les classes moyennes, celles-ci étant souvent perçues comme un « idéal raisonnable » qui permet d’accéder à la société de consommation sans « la culpabilité de la classe possédante ».

Définition des « Trente Glorieuses »

L’expression « Trente Glorieuses » désigne la période d’une trentaine d’années qui a suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, jusqu’au premier choc pétrolier de 1973. C’est, pour les pays industrialisés occidentaux, une période de prospérité exceptionnelle. Les « Trente Glorieuses » se caractérisent par une forte croissance économique, le plein emploi, l’accroissement rapide du pouvoir d’achat et l’essor de la consommation de masse.

L’expression a été inventée par l’économiste français Jean Fourastié (1907-1990) dans son livre « Les Trente Glorieuses, ou la révolution invisible de 1946 à 1975 », publié en 1979. Elle fait référence aux « Trois Glorieuses », les journées révolutionnaires des 27, 28 et 29 juillet 1830. L’auteur, professeur au Conservatoire national des Arts et Métiers et membre de l’Institut, met en évidence dans cet ouvrage consacré à la France cette expansion continue et exceptionnelle.

Les historiens estiment que le mode de vie des français a plus évolué durant ces trois décennies que durant les deux siècles précédents et que le niveau de vie a été multiplié par 5 de 1945 à 1975, permettant un rattrapage technologique vis-à-vis des Etats-Unis. Le Produit intérieur brut (PIB) a été multiplié par 4,5 entre 1947 et 1973, ce qui correspond à une croissance annuelle moyenne record de 5,9%.

Initialisée par la reconstruction d’après guerre avec le soutien du plan Marshall, la durée de cette période de croissance peut s’expliquer par :

  • le travail des femmes qui augmente le revenu du foyer,
  • le « baby boom » et l’accroissement de l’espérance de vie qui augmentent le nombre de consommateurs,
  • la sécurisation des revenus par l’Etat-Providence : création de la Sécurité sociale, des Allocations Familiales, des régimes de retraite, instauration en 1950 du salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG),
  • l’augmentation de la durée des congés payés (troisième semaine de congés payés en 1956, et quatrième en 1965) qui favorise le développement des dépenses de loisirs

 

Wikipédia

L’impôt sur le revenu des personnes physiques a été instauré dans la plupart des pays à partir de 1913 et 1914.

Au Royaume-Uni, l’income-tax a été établi pour la première fois par Pitt sur les revenus de 1798. C’était un impôt sur le revenu dont les plus pauvres étaient exemptés et dont le taux s’élevait progressivement avec les revenus. Supprimé en 1802, il a été définitivement rétabli par Robert Peel sur les revenus de 1841[19].

En Suisse, sous l’impulsion d’Antoine Vessaz, le canton de Vaud adopte l’impôt progressif sur la fortune dans la Constitution de 1885[20].

En Allemagne l’Einkommensteuer, un impôt progressif sur le revenu global a été institué en 1893.

En Belgique, la proportionnalité est instaurée sous le ministre des finances Léon Delacroix, par la loi du 29 octobre 1919 établissant des impôts cédulaires sur les revenus et un impôt complémentaire sur le revenu global.

En France, l’impôt progressif sur le revenu des personnes physiques (IRPP) a été instauré par Joseph Caillaux en 1914 pour pallier le besoin de financement de la Première Guerre mondiale.

In the United States, the first progressive income tax was established by the Revenue Act of 1862, which was signed into law by President Abraham Lincoln and repealed the short-lived flat tax contained in the Revenue Act of 1861.

On assiste depuis la fin du XXe siècle à une remise en cause du principe de la progressivité fiscale. La progressivité de l’impôt sur le revenu a ainsi globalement diminué depuis les années 1990, que se soit par l’instauration de plafonds d’imposition ou par la diminution des taux marginaux. Dans les pays de l’OCDE les taux marginaux ont été réduits de dix points en moyenne[16]. De nombreux pays issus de l’ancien bloc de l’est ont instauré un impôt à taux unique.

Indice du bonheur évalué par les habitants de divers pays

Danemark  8.20
Suisse  8.10
Autriche  8.00
Islande  7.80
Australie  7.70
Finlande  7.70
Suède  7.70
Irlande  7.60
Luxembourg  7.60
Norvège  7.60
Pays-Bas  7.50
Etats-Unis  7.40
Belgique  7.30
Allemagne  7.20
Grande-Bretagne  7.10
Espagne  6.90
Italie  6.90
France  6.50
Grèce  6.40
République tchèque  6.40
Japon  6.20
Portugal  6.00
Pologne  5.90
Hongrie  5.60
Russie  4.40

source : world database of happiness

2 réponses à Le capital au XXIe siècle : Thomas Piketty

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